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La campagne de France

Février 1814 : l'étau se resserre sur Napoléon et les lambeaux de la Grande Armée, contrainte, pour la première fois, de livrer bataille sur le sol national. Le sort du pays se joue aux portes de Paris, face aux armées coalisées qui convergent vers elle.

Avec des troupes réduites à la portion congrue, Napoléon montre qu'il a encore de beaux restes et que, même acculé, il peut toujours manoeuvrer à la vitesse de l'éclair. En quelques jours, au coeur de l'hiver, il remporte deux victoires éclatantes contre deux corps d'armée. Les Russes d'abord, taillés en pièce dans la plaine de Mormant. Les Prussiens ensuite, battus à Montereau, au terme d'une charge véritablement héroïque.

Cette bataille - désormais commémorée par la ville tous les deux ans dans le cadre d'une superbe reconstitution costumée - vaut au pont de la ville d'être toujours gardé par une martiale statue équestre de Napoléon.

Avant de bousculer le Prussien par sa folle cavalcade, Napoléon aurait lancé ici sa fameuse phrase bravache reprise depuis dans tous les manuels scolaires : "Le boulet qui me frappera n'a pas encore été fondu". Cette campagne militaire, superbe et pathétique, ne put cependant empêcher la chute inéluctable de l'aigle.