Seine & Marne, Le magazine, Culture / patrimoine À Longueville, les locomotives respirent encore sous la rotonde

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© Département de Seine-et-Marne / Thomas Gaillard
Dès l’entrée dans la rotonde ferroviaire de Longueville, près de Provins, l’air change. Une odeur mêlée de graisse, de métal et de bois ancien flotte sous la charpente. Ici, le patrimoine ne se contemple pas en silence : il s’écoute, se sent et se vit, au rythme des locomotives et des bénévoles de l’AJECTA.

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Un atelier vivant

Le pas résonne sur le sol de béton usé. Sous la vaste toiture circulaire, les alvéoles s’ouvrent une à une comme autant de chapelles industrielles. Dans chacune d’elles, une locomotive à vapeur repose, massive, cabossée parfois, mais jamais morte. La rotonde de Longueville n’est pas un décor : c’est un atelier en activité.

Un patrimoine à part

Construite entre 1903 et 1906 par la Compagnie des chemins de fer de l’Est, elle conserve encore les marques de son origine. Là-haut, sur le fronton, le sigle « Est » rappelle une époque antérieure à la SNCF, quand six grandes compagnies privées structuraient le réseau ferroviaire français. Au centre, le pont tournant, pièce maîtresse du dispositif, permettait d’orienter les machines et de les diriger vers les voies rayonnantes. Un geste simple en apparence, mais vital pour des locomotives conçues pour rouler cheminée en avant. « La rotonde, c’est un écrin, et les locomotives, ce sont des bijoux. On est sur un patrimoine à part, singulier, et on tombe vite amoureux du lieu », confie Guillaume Grison, président de l’Association des jeunes pour l’entretien et la conservation des trains d’autrefois (AJECTA) qui entretient la rotonde et ses 14 locomotives depuis 1972.

Musée vivant du chemin de fer

Dans une travée, une disqueuse crisse. Plus loin, un marteau frappe le métal. Un bénévole ajuste une pièce, un autre graisse un embiellage. Ici, on parle de chaudière, de timonerie, de générateur de vapeur. Le savoir se transmet par compagnonnage, à l’ancienne. On apprend en regardant, en faisant, en se salissant les mains. C’est cette activité permanente qui fait de Longueville un « musée vivant ». Le visiteur ne longe pas des vitrines : il traverse un lieu de travail. Les odeurs d’huile chaude et de rouille humide rappellent que ces machines ont roulé, tracté des trains de voyageurs et de marchandises, et que certaines roulent encore.

Mais la rotonde, aujourd’hui soutenue par le Loto du patrimoine, et depuis plusieurs années par le Département (plus de 28 000 € en 2025), porte aussi les stigmates du temps : charpente fragilisée, tuiles fatiguées, infiltrations. Les travaux engagés visent d’abord à consolider, à préserver, pour que le public puisse continuer à circuler sous cette cathédrale de métal et de briques.

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Pour en savoir plus sur la rotonde ferroviaire de Longueville, rendez-vous sur le site internet de l'atelier. 

Une souscription est participative est en cours sur le site de la fondation de patrimoine.

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